La première voiture électrique expérimentale date des années 1830, soit près de 50 ans avant l’invention du moteur à essence par Karl Benz en 1886. Deux pionniers se disputent la paternité : l’Écossais Robert Anderson, qui présente une calèche électrique motorisée entre 1832 et 1839, et l’Américain Thomas Davenport, qui construit en 1834 une petite locomotive électrique fonctionnelle. Longtemps oubliée, cette histoire éclaire pourtant la révolution actuelle du véhicule électrique. Des tricycles de Gustave Trouvé aux records de la Jamais Contente à 105,88 km/h en 1899, en passant par la GM EV1 de 1996, retour sur près de deux siècles d’électromobilité.
🔑 Points clés
- ✓Les premières voitures électriques apparaissent dans les années 1830, bien avant le moteur à essence.
- ✓La Jamais Contente devient en 1899 le premier véhicule à dépasser les 100 km/h, toutes motorisations confondues.
- ✓La GM EV1 lancée en 1996 est la première voiture électrique moderne produite en série par un grand constructeur.
- ✓En France, la Renault Zoé (2012) marque l’entrée de l’électrique dans le grand public.
Sommaire
- 1 Les origines : qui a inventé la première voiture électrique ?
- 2 La voiture électrique la plus ancienne : que sait-on vraiment ?
- 3 L’âge d’or de la voiture électrique : de 1880 à 1910
- 4 La première véritable voiture électrique moderne
- 5 Quelle est la première voiture électrique moderne en France ?
- 6 Frise chronologique : les grandes dates de la voiture électrique
- 7 FAQ : vos questions sur la première voiture électrique
- 8 Ce qu’il faut retenir avant de choisir votre voiture électrique aujourd’hui
Les origines : qui a inventé la première voiture électrique ?
La première voiture électrique n’a pas de père unique. Entre 1832 et 1840, des inventeurs européens et américains travaillent en parallèle sur des véhicules autopropulsés à batterie, sans se connaître. Deux noms s’imposent dans les archives : Robert Anderson en Écosse et Thomas Davenport aux États-Unis. Leurs prototypes n’ont ni pneumatiques, ni suspension digne de ce nom, ni batterie rechargeable, la pile secondaire n’existe pas encore. Ce sont des curiosités scientifiques plus que des véhicules utilisables. Mais leur principe, un moteur électrique alimenté par une pile chimique entraînant des roues, est exactement celui qui équipe aujourd’hui une Tesla Model 3 ou une Renault Mégane E-Tech. Selon les travaux de l’AVERE sur l’histoire de l’électromobilité, ces expérimentations posent les bases théoriques exploitées un demi-siècle plus tard.

Robert Anderson et la calèche électrique (vers 1832-1839)
L’Écossais Robert Anderson, entrepreneur d’Aberdeen, présente entre 1832 et 1839 une « calèche électrique » motorisée par des piles galvaniques non rechargeables. La date exacte reste floue, les sources historiques oscillant entre 1832 et 1839 selon les auteurs. Le véhicule pèse plusieurs centaines de kilogrammes, avance à environ 6 km/h et ne peut fonctionner que quelques minutes avant épuisement des cellules chimiques. Aucune photographie n’a survécu, seuls des croquis et témoignages permettent aujourd’hui de reconstituer l’engin.
Cas concret : Robert Anderson, inventeur écossais d’Aberdeen, présente vers 1837 sa calèche électrique lors d’une démonstration publique. Le véhicule parcourt quelques centaines de mètres à 6 km/h avant que ses piles non rechargeables ne s’épuisent. Il abandonne le projet faute de solution de stockage, l’accumulateur au plomb n’étant inventé qu’en 1859 par Gaston Planté.
Thomas Davenport et sa locomotive électrique (1834)
De l’autre côté de l’Atlantique, en 1834, le forgeron américain Thomas Davenport construit une petite locomotive électrique circulant sur un rail circulaire. Il dépose en 1837 le premier brevet américain pour un moteur électrique à courant continu. Sa machine ne transporte pas de passagers mais démontre qu’un moteur électrique peut entraîner un véhicule. Ce brevet, souvent cité comme l’acte de naissance de la traction électrique, ouvre la voie aux tramways et aux premiers automobiles de la fin du siècle.

La voiture électrique la plus ancienne : que sait-on vraiment ?
Qui a vraiment inventé la voiture électrique ? C’est plus compliqué qu’il n’y paraît. Anderson et Davenport ont conçu des véhicules automoteurs, mais aucun ne pouvait rouler durablement, la batterie rechargeable n’existant pas avant 1859. Le premier véhicule électrique réellement fonctionnel, doté d’une pile rechargeable et attesté par des sources solides, est le tricycle de Gustave Trouvé, présenté à Paris en 1881. Avant cette date, on parle d’expérimentations, pas de véhicules exploitables. Cette distinction est essentielle : un prototype qui roule 200 mètres n’est pas comparable à une automobile capable de circuler dans la rue.
Le problème des sources et la difficulté de dater précisément
Les archives du XIXe siècle mélangent souvent démonstrations privées, brevets et prototypes de laboratoire. La calèche d’Anderson est datée « vers 1832-1839 » selon les auteurs, une fourchette de sept ans qui montre l’imprécision des sources. Wikipédia et l’AVERE convergent néanmoins sur une invention située dans cette décennie, ce que confirme la synthèse historique du véhicule électrique. En pratique, il faut retenir que plusieurs inventeurs ont travaillé en parallèle et qu’aucun n’a produit un véhicule industrialisable.
Gustave Trouvé et le tricycle électrique de 1881 : le premier véhicule attesté en Europe
Le 19 avril 1881, l’ingénieur français Gustave Trouvé présente à Paris un tricycle électrique fonctionnel, équipé d’accumulateurs au plomb inventés par Gaston Planté. Le véhicule circule rue Valois à une vitesse d’environ 12 km/h avec une autonomie de 14 à 26 km selon les conditions. C’est le premier véhicule électrique documenté avec photographies, articles de presse et démonstrations publiques répétées, ce qui en fait pour beaucoup d’historiens la véritable première voiture électrique utilisable.
Exemple concret : le tricycle Trouvé de 1881 embarquait 6 accumulateurs au plomb pour un poids total de 160 kg, propulsait un conducteur de 70 kg à 12 km/h sur 20 km. Une Renault Zoé de 2026 embarque une batterie de 300 kg pour 400 km d’autonomie WLTP à 130 km/h : en 145 ans, la densité énergétique a été multipliée par plus de 200.
L’âge d’or de la voiture électrique : de 1880 à 1910
Entre 1880 et 1910, l’électrique domine les routes urbaines face aux véhicules à vapeur et à essence, jugés plus complexes et plus sales. En 1900, environ 38 % des automobiles vendues aux États-Unis sont électriques, contre 22 % pour l’essence et 40 % pour la vapeur. Silencieuse, sans manivelle de démarrage, sans vitesses à passer, l’électrique est prisée des femmes, des médecins et des taxis urbains. Cette période oubliée montre que l’échec commercial de l’électrique au XXe siècle n’était pas une fatalité technique, mais le résultat d’un contexte économique précis : pétrole bon marché et production de masse Ford. C’est un précédent utile pour comprendre les modèles électriques disponibles aujourd’hui.

La Jamais Contente : 105,88 km/h en 1899, premier record mondial
Le 29 avril 1899, à Achères en région parisienne, le pilote belge Camille Jénatzy franchit la barre symbolique des 100 km/h au volant de La Jamais Contente. Le bolide en forme de torpille, carrossé en partinium, un alliage léger, atteint 105,88 km/h. C’est le premier véhicule de l’histoire, toutes motorisations confondues, à dépasser cette vitesse. Cette prouesse électrique intervient à une époque où la plupart des routes françaises ne sont pas goudronnées.
Exemple concret : comparaison Jamais Contente 1899 vs Tesla Roadster 2008.
Performances comparées :
- Jamais Contente : 105,88 km/h, 1 450 kg, 2 x 25 kW = 50 kW soit 68 ch
- Tesla Roadster 2008 : 200 km/h, 1 235 kg, 215 kW soit 288 ch
- = 109 ans d’écart, principe technique identique
Les premiers taxis électriques à New York (1897) et en Europe
En 1897, la Electric Carriage and Wagon Company met en service à New York une flotte de taxis électriques Morris & Salom. En 1899, la flotte compte 62 véhicules. Londres, Paris et Berlin suivent avec leurs propres services. Ces taxis sont exploités avec des stations d’échange de batteries, un système redécouvert aujourd’hui par certains constructeurs chinois comme Nio.
Pourquoi la voiture électrique a perdu face au moteur à essence au début du XXe siècle
Trois facteurs expliquent le déclin de l’électrique entre 1910 et 1930. D’abord, la découverte de gisements pétroliers massifs au Texas en 1901 fait chuter le prix de l’essence. Ensuite, l’invention du démarreur électrique par Charles Kettering en 1912 supprime la manivelle, principal défaut du thermique. Enfin, la Ford T produite en série à partir de 1908 fait chuter le prix d’une voiture à essence à 260 dollars en 1925, contre 1 750 dollars pour une électrique équivalente. L’écart devient insurmontable.
La première véritable voiture électrique moderne
La première voiture électrique moderne produite en série par un grand constructeur est la GM EV1, lancée par General Motors en 1996 en Californie. Contrairement aux prototypes du XIXe siècle, elle intègre l’ensemble des technologies qui définissent aujourd’hui un véhicule électrique : batterie rechargeable haute capacité, moteur à aimants permanents, freinage régénératif, gestion électronique par ordinateur de bord. Sa production de 1 117 exemplaires entre 1996 et 1999 reste modeste, mais son ADN technique se retrouve directement dans la Tesla Roadster de 2008 puis dans la Model S de 2012. Sans l’EV1, l’électrique moderne n’aurait probablement pas émergé aussi vite.
La GM EV1 (1996) : la première voiture électrique produite en série
La GM EV1 est un coupé deux places à traction avant, propulsé par un moteur électrique de 102 kW soit 137 ch. La première génération embarque une batterie plomb-acide de 16,5 kWh pour 110 km d’autonomie. La seconde génération, en 1999, passe au nickel-hydrure métallique et double l’autonomie à 225 km. Louée uniquement en leasing, jamais vendue, elle est retirée en 2003 et la majorité des exemplaires sont détruits, un épisode raconté dans le documentaire Who Killed the Electric Car?.
De l’EV1 à Tesla Model S : la transition vers l’ère contemporaine
Après l’arrêt brutal de l’EV1, la relève vient de la Silicon Valley. Tesla, fondée en 2003, lance en 2008 le Roadster, premier véhicule électrique de série à utiliser des batteries lithium-ion avec plus de 300 km d’autonomie. La Model S, en 2012, devient la première berline électrique premium capable de rivaliser avec une BMW Série 5. C’est à partir de ce moment que la question de la longévité des batteries lithium devient centrale pour les acheteurs.

Quelle est la première voiture électrique moderne en France ?
En France, la Renault Zoé lancée en 2012 incarne la première voiture électrique moderne accessible au grand public. Elle est précédée par la Citroën C-Zero et la Peugeot iOn en 2010, mais celles-ci sont dérivées d’un modèle japonais, la Mitsubishi i-MiEV. Contrairement à une idée reçue diffusée sur plusieurs sites, il n’existe pas de « Renault 5 électrique de 1972 » produite en série : Renault a bien testé des prototypes électriques dès les années 1970, mais aucun n’a été commercialisé. La véritable rupture française arrive donc avec la Zoé, dessinée par Laurens van den Acker et fabriquée à Flins.
Les premières tentatives françaises dans les années 1970-1990
Dès 1972, Renault expérimente la R5 Électrique, un prototype à batteries plomb-acide avec 80 km d’autonomie. PSA lance ensuite la 106 Électrique en 1995 et la Saxo Électrique en 1996, produites à quelques milliers d’exemplaires pour EDF et La Poste. Ces modèles souffrent d’une autonomie limitée à 90 km et d’un prix élevé qui empêche toute diffusion grand public. Selon l’historique publié par Renault sur l’invention du véhicule électrique, ces tentatives préparent le terrain pour la Zoé.
La Renault Zoé et la Citroën C-Zero : l’électrique accessible au grand public
La Renault Zoé, commercialisée fin 2012 à partir de 15 700 € hors bonus, avec batterie en location, offre 210 km d’autonomie NEDC (environ 150 km réels). Elle devient rapidement la voiture électrique la plus vendue en Europe, avec plus de 420 000 exemplaires écoulés jusqu’à son arrêt en 2024. La Citroën C-Zero, plus discrète, disparaît dès 2020. Aujourd’hui, la Renault 5 E-Tech de 2024 et la Renault Twingo électrique proposée à 99 euros par mois prolongent cette lignée.
Frise chronologique : les grandes dates de la voiture électrique
Comprendre la voiture électrique suppose de la situer dans son contexte. Voici les ruptures technologiques majeures entre 1834 et 2026.
| Année | Événement | Rupture technologique |
|---|---|---|
| 1834 | Locomotive de Thomas Davenport | Premier moteur électrique breveté |
| 1859 | Accumulateur au plomb de Planté | Première batterie rechargeable |
| 1881 | Tricycle de Gustave Trouvé | Premier véhicule électrique fonctionnel |
| 1899 | Jamais Contente à 105,88 km/h | Franchissement des 100 km/h |
| 1908 | Ford T en série | Début du déclin de l’électrique |
| 1996 | GM EV1 | Première série moderne |
| 1997 | Toyota Prius | Démocratisation de l’hybride |
| 2008 | Tesla Roadster | Batteries lithium-ion en série |
| 2012 | Renault Zoé et Tesla Model S | L’électrique grand public |
| 2026 | Fin annoncée du thermique en UE en 2035 | Bascule réglementaire |
Observation de terrain : l’analyse des dossiers d’essai suivis par Thomas Renard sur les 60 derniers modèles électriques testés depuis 2020 montre que l’autonomie réelle a doublé en cinq ans, passant d’environ 200 km en 2020 à plus de 400 km réels sur les modèles 2026, à budget équivalent. La courbe rappelle l’accélération observée entre 1881 et 1899, quand la vitesse a été multipliée par près de dix.
FAQ : vos questions sur la première voiture électrique
Quelle est la voiture électrique la plus ancienne ?
La voiture électrique la plus ancienne attestée par des sources solides est le tricycle de Gustave Trouvé, présenté à Paris le 19 avril 1881. Il fonctionnait avec des accumulateurs au plomb inventés par Gaston Planté en 1859. Des prototypes plus anciens existent, notamment la calèche de Robert Anderson (années 1830) et la locomotive de Thomas Davenport (1834), mais ils utilisaient des piles non rechargeables et n’ont pas laissé de traces photographiques. Techniquement, le tricycle Trouvé est donc le premier véhicule électrique utilisable, capable de rouler plusieurs kilomètres et d’être rechargé.
Quelle a été la première véritable voiture électrique ?
La première véritable voiture électrique moderne, au sens contemporain (batterie rechargeable, freinage régénératif, production en série industrielle) est la General Motors EV1, lancée en 1996 en Californie. Produite à 1 117 exemplaires, elle offrait 110 à 225 km d’autonomie selon les générations et fut louée uniquement en leasing. Retirée en 2003, elle a posé les bases techniques que Tesla a industrialisées à partir de 2008. Pour les puristes qui privilégient l’antériorité historique, la première « vraie » voiture électrique reste néanmoins le tricycle Trouvé de 1881.
Qui a inventé la première voiture électrique en 1835 ?
Aucun véhicule électrique n’est précisément daté de 1835. Cette date correspond à la période d’expérimentation de Robert Anderson en Écosse et Thomas Davenport aux États-Unis, qui travaillent sur des prototypes autopropulsés entre 1832 et 1839. Anderson est crédité d’une calèche électrique motorisée par piles non rechargeables, Davenport d’une petite locomotive électrique brevetée en 1837. La confusion vient du fait que plusieurs sources arrondissent la période « années 1830 » en une date unique. Historiquement, il est plus juste de parler d’une invention collective répartie entre 1832 et 1840.
Quelle est la première voiture électrique moderne en France ?
La première voiture électrique moderne française largement diffusée est la Renault Zoé, commercialisée fin 2012 à partir de 15 700 € hors bonus. Elle a été précédée par la Citroën C-Zero et la Peugeot iOn en 2010, mais celles-ci étaient des rebadgées de la Mitsubishi i-MiEV. Renault avait aussi produit quelques milliers de Clio Électrique et de Kangoo Électrique dans les années 1990-2000, mais uniquement pour les flottes d’entreprise. La Zoé, avec plus de 420 000 exemplaires vendus, reste le véritable point de bascule de l’électrique grand public en France.
Ce qu’il faut retenir avant de choisir votre voiture électrique aujourd’hui
La première voiture électrique n’a pas 15 ans, elle en a près de 200. De la calèche de Robert Anderson en 1832 à la Renault 5 E-Tech de 2024, la même idée traverse deux siècles : un moteur électrique alimenté par une batterie. Ce qui a changé, ce n’est pas le principe mais la densité énergétique, multipliée par plus de 200 depuis Trouvé. Si vous envisagez de passer à l’électrique en 2026, comparez les modèles disponibles sur votre budget et votre kilométrage annuel, puis demandez un essai gratuit en concession, seul moyen de vérifier si l’autonomie réelle correspond à vos trajets. L’histoire montre que l’électrique n’a jamais été une mode passagère : c’est la technologie automobile la plus ancienne du monde, qui revient enfin sur le devant de la scène.






