Automobilistes : ces gros inconvénients de la fonction « Start and Stop » que les garagistes vous cachent depuis trop longtemps

automobilistes ces gros inconvénients de la fonction start and stop que les garagistes vous cachent depuis trop longtemps
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Sur le papier, la technologie Start and Stop semble être une petite révolution automobile. Le principe paraît simple : lorsque votre voiture s’arrête à un feu rouge ou dans un embouteillage, le moteur se coupe automatiquement. Dès que vous relâchez la pédale de frein ou que vous appuyez sur l’embrayage, il redémarre.

Résultat annoncé ? Moins de carburant consommé, moins de pollution et une conduite plus écologique.

Mais comme souvent dans l’automobile moderne, la réalité est un peu plus nuancée. Derrière cette innovation se cachent plusieurs inconvénients que de nombreux conducteurs découvrent… après quelques années d’utilisation. Usure prématurée de certaines pièces, coûts d’entretien plus élevés ou confort de conduite parfois discutable : le Start and Stop ne fait pas toujours l’unanimité.

Alors, est-ce vraiment une avancée utile ou une technologie imparfaite imposée par les normes environnementales ? Prenons le temps de décortiquer ce système qui équipe aujourd’hui la majorité des voitures modernes.

Comment fonctionne réellement le système start and stop

À première vue, le fonctionnement du système Start and Stop paraît presque banal. Le moteur s’arrête automatiquement lorsque le véhicule est immobile et redémarre dès que le conducteur souhaite repartir.

Mais derrière cette simplicité apparente se cache une technologie bien plus complexe qu’elle n’y paraît.

Pour fonctionner correctement, ce système repose sur plusieurs éléments mécaniques et électroniques qui travaillent ensemble :

  • Une batterie renforcée capable de supporter de nombreux cycles de démarrage
  • Un démarreur spécifique plus robuste
  • Plusieurs capteurs électroniques
  • Un calculateur moteur qui analyse en permanence les conditions de conduite
  • Un alternateur et une gestion électrique plus sophistiquée

Chaque arrêt et redémarrage du moteur déclenche une série d’actions parfaitement synchronisées. Le véhicule doit analyser la température du moteur, l’état de la batterie, la climatisation, la position des pédales ou encore la vitesse du véhicule.

Autrement dit, le Start and Stop transforme une simple voiture en véritable ordinateur roulant.

Et c’est justement cette complexité qui peut parfois poser problème sur le long terme.

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Une batterie spécifique plus chère et moins durable

La première pièce à souffrir du Start and Stop est souvent la batterie automobile.

Contrairement aux véhicules traditionnels, une voiture équipée de ce système doit pouvoir démarrer son moteur des dizaines voire des centaines de fois par jour. Une batterie classique ne supporterait pas ce rythme.

Les constructeurs utilisent donc des batteries spécifiques :

  • Batteries EFB (Enhanced Flooded Battery)
  • Batteries AGM (Absorbent Glass Mat)

Ces modèles sont plus résistants et capables d’alimenter les équipements électriques lorsque le moteur est coupé : climatisation, radio, phares ou tableau de bord.

Mais cette technologie a un coût.

Voici une comparaison simple entre une batterie classique et une batterie Start and Stop :

Type de batterieDurée de vie moyennePrix moyen
Batterie classique5 à 6 ans80 à 150 €
Batterie EFB / AGM3 à 4 ans250 à 400 €

On comprend vite le paradoxe.
Une technologie censée faire économiser du carburant peut finalement coûter plusieurs centaines d’euros supplémentaires en entretien.

Et lorsque la batterie faiblit, le système Start and Stop est souvent le premier à cesser de fonctionner.

Le démarreur subit une usure accélérée

Un autre composant essentiel est particulièrement sollicité : le démarreur.

Dans une voiture classique, le démarreur intervient seulement au moment de mettre le moteur en marche. Sur toute la durée de vie du véhicule, cela représente quelques milliers de démarrages.

Avec le Start and Stop, la situation change complètement.

Lors d’un trajet urbain classique, le moteur peut redémarrer :

  • à chaque feu rouge
  • dans les embouteillages
  • aux passages piétons
  • dans les files d’attente

Cela peut représenter plusieurs dizaines de redémarrages en une seule journée.

Même si les constructeurs utilisent des démarreurs renforcés, cette sollicitation permanente finit par provoquer une usure mécanique.

Le remplacement d’un démarreur peut coûter entre 400 et 700 euros, main-d’œuvre comprise. Et contrairement à une batterie, cette pièce n’est pas censée être remplacée régulièrement.

Certains automobilistes ont d’ailleurs constaté une panne de démarreur dès 60 000 ou 80 000 kilomètres, ce qui reste relativement précoce.

Une courroie d’accessoire plus sollicitée

On en parle beaucoup moins, mais le système Start and Stop peut aussi accélérer l’usure de la courroie d’accessoire.

Cette courroie est chargée d’entraîner plusieurs équipements essentiels du moteur :

  • l’alternateur
  • la pompe de direction assistée
  • la climatisation
  • parfois la pompe à eau
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Chaque fois que le moteur s’arrête puis redémarre, la tension sur la courroie varie brutalement. Ces micro-chocs répétés finissent par fragiliser le caoutchouc et les galets.

Résultat :

  • apparition de bruits moteur
  • perte de tension
  • usure prématurée
  • remplacement plus fréquent

Dans certains cas, la courroie doit être changée avant 80 000 kilomètres, ce qui représente une facture de 150 à 300 euros.

Les économies de carburant sont souvent surestimées

L’argument principal du Start and Stop reste la réduction de la consommation de carburant.

Selon les constructeurs automobiles, cette technologie permettrait de réduire la consommation de 5 à 10 % en ville.

Mais ces chiffres sont obtenus dans des conditions très précises :

  • trafic fluide
  • moteur chaud
  • batterie en parfait état
  • conduite stable

Dans la réalité, les gains sont souvent bien plus modestes.

De nombreux conducteurs constatent plutôt 3 à 4 % d’économie de carburant, soit une trentaine d’euros par an pour un usage urbain classique.

Lorsque l’on compare cette économie avec le prix d’une batterie AGM ou d’un démarreur, la rentabilité devient beaucoup moins évidente.

On pourrait presque comparer cela à éteindre une ampoule pour économiser de l’électricité… tout en achetant un nouvel appareil chaque année.

Un confort de conduite parfois perturbé

Le Start and Stop peut également influencer le ressenti au volant.

Certains conducteurs apprécient le silence lorsque le moteur s’arrête. Mais d’autres trouvent l’expérience moins agréable.

Les critiques les plus fréquentes concernent :

  • un redémarrage parfois trop lent
  • une légère vibration au moment du démarrage
  • un temps de réaction qui peut surprendre dans un carrefour

Imaginez que vous souhaitiez vous engager rapidement dans une intersection. Vous relâchez le frein… et le moteur met une fraction de seconde à repartir. Ce délai peut sembler insignifiant, mais il peut créer un moment d’hésitation.

Dans les embouteillages, cette succession d’arrêts et de redémarrages peut aussi devenir fatigante pour le conducteur.

Le moteur s’éteint, redémarre, s’éteint à nouveau… comme un interrupteur que quelqu’un allumerait et éteindrait sans arrêt.

Une fiabilité très variable selon les modèles

Toutes les voitures équipées du Start and Stop ne réagissent pas de la même manière.

Sur les modèles les plus récents, les constructeurs ont amélioré la technologie. Le système prend en compte plusieurs paramètres :

  • température du moteur
  • niveau de batterie
  • pente de la route
  • fonctionnement de la climatisation

Dans ces conditions, le moteur ne se coupe que lorsque cela est réellement pertinent.

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Mais sur certains modèles plus anciens, le système peut paraître moins intelligent.

Les conducteurs signalent parfois :

  • des coupures intempestives
  • des redémarrages tardifs
  • des messages d’erreur au tableau de bord
  • des désactivations automatiques

L’électronique censée simplifier la conduite peut alors devenir une source supplémentaire de passages au garage.

Pourquoi de nombreux conducteurs désactivent le start and stop

Face à ces désagréments, beaucoup d’automobilistes ont pris une habitude simple : désactiver la fonction Start and Stop dès le démarrage du véhicule.

La plupart des voitures disposent d’un bouton permettant de couper temporairement cette fonction.

Les conducteurs qui utilisent cette solution expliquent souvent qu’ils retrouvent :

  • une conduite plus fluide
  • moins de stress dans les embouteillages
  • un démarrage immédiat
  • un meilleur contrôle du véhicule

Certaines personnes vont même plus loin en installant des modules électroniques permettant de désactiver définitivement le système. Cette pratique reste toutefois controversée et peut poser problème en cas de garantie constructeur.

En circulation urbaine, un système parfois agaçant

Le paradoxe du Start and Stop est qu’il est censé être le plus efficace en ville.

Mais c’est justement dans ce contexte qu’il peut devenir le plus irritant.

Dans les centres urbains, la circulation est souvent faite de :

  • feux rouges rapprochés
  • rond-points
  • embouteillages
  • arrêts fréquents

Le moteur peut alors s’arrêter et redémarrer toutes les quelques secondes. Cette répétition sollicite la mécanique et peut fatiguer le conducteur.

Certains automobilistes évoquent même des situations délicates :

  • redémarrage tardif dans un rond-point
  • difficulté à repartir en côte
  • coupure moteur lors d’une manœuvre de stationnement

Dans ces cas-là, le système censé faciliter la conduite peut au contraire ajouter une contrainte supplémentaire.

Start and stop : innovation écologique ou compromis imparfait ?

L’idée derrière le Start and Stop est incontestablement positive : réduire la consommation de carburant et limiter les émissions de CO₂.

Dans un contexte où les normes environnementales deviennent de plus en plus strictes, les constructeurs doivent trouver des solutions pour améliorer l’efficacité énergétique des véhicules.

Cependant, sur le plan pratique, cette technologie ressemble parfois à un compromis entre écologie, mécanique et marketing.

Les économies de carburant existent, mais elles restent modestes. En parallèle, certains composants mécaniques subissent une sollicitation plus importante.

Pour beaucoup d’automobilistes, la meilleure solution reste simple : utiliser le système lorsque cela est pertinent… et ne pas hésiter à le désactiver lorsque la situation de conduite l’exige.

Après tout, conduire doit rester une expérience fluide et agréable.

Et parfois, la technologie la plus simple reste encore celle qui laisse le conducteur décider.

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