Les amateurs de véhicules de collection recherchent souvent des modèles qui allient élégance intemporelle et fiabilité mécanique. La Peugeot 404 coupé cabriolet répond parfaitement à ces critères, incarnant le savoir-faire français et italien des années 1960. Produite entre 1962 et 1968, cette création de Pininfarina représente aujourd’hui une valeur sûre pour les collectionneurs avertis. Le marché de l’occasion regorge d’exemplaires qui méritent une attention particulière, à condition de connaître les points essentiels à vérifier avant tout achat.
À retenir
| Points clés | Précisions |
|---|---|
| 🏭 Production franco-italienne limitée | Fabriquée par Pininfarina entre 1962 et 1968, seulement 17 225 exemplaires produits au total |
| 🔧 Deux motorisations distinctes disponibles | Version carburateur de 65 à 80 ch ou injection Kugelfisher de 80 à 96 ch |
| ⚠️ Corrosion : principal point de vigilance | Examiner bas de caisse, longerons et auvent moteur avant tout achat d’occasion |
| 🔨 Carrosserie entièrement soudée | Réparations complexes et coûteuses, contrairement aux berlines dont éléments sont vissés |
| 💎 Rareté croissante sur le marché | Seulement 14,6% des exemplaires encore fonctionnels, garantissant une valorisation stable |
| 🚗 Évolution technique majeure en 1963 | Vilebrequin passé de 3 à 5 paliers, renforçant considérablement la fiabilité mécanique |
L’univers des véhicules rares attire aussi bien les passionnés de motos que d’automobiles d’exception, comme le prouve la BMW R nineT Scrambler qui séduit tous les passionnés dans un registre différent mais tout aussi exigeant.
Sommaire
Genèse et production d’une icône automobile française
La collaboration entre Peugeot et Pininfarina remonte à 1954 avec la ligne de la 403 berline. Le 1er avril 1957, un contrat d’exclusivité de cinq ans scelle définitivement cette relation qui donnera naissance à plusieurs modèles remarquables. La 404 coupé cabriolet marque une étape décisive dans ce partenariat, puisque pour la première fois, Pininfarina ne se contente pas de dessiner le modèle mais fabrique également les caisses dans son usine de San Giorgio Canavese, près de Turin.
Contrairement à la berline dont elle partage le nom, la version découvrable ne conserve aucun élément de carrosserie du modèle de série. Seuls le plancher et les composants mécaniques sont communs. Cette approche exclusive garantit une personnalité unique à ces véhicules qui arborent fièrement un discret logo du carrossier italien. Le processus de fabrication suivait un circuit précis : les soubassements et caisses moteur étaient emboutis à Sochaux, envoyés à Turin pour la carrosserie complète, puis retournaient en France pour l’installation de la mécanique.
Les chiffres de production, issus des archives Pininfarina considérées comme incontestables, établissent un total de 6 837 coupés et 10 388 cabriolets. La répartition annuelle révèle des variations intéressantes, avec un pic en 1965 pour les cabriolets (1 796 unités) et en 1966 pour les coupés (1 487 unités). L’année 1968 marque la fin de production avec seulement 885 cabriolets et 771 coupés fabriqués.
Au 27 septembre 2022, le Club 404 France recensait 2 516 exemplaires encore fonctionnels, soit environ 14,6% de la production totale. Cette proportion relativement importante témoigne de la robustesse mécanique de ces véhicules et de l’engagement des propriétaires dans leur préservation.
Caractéristiques mécaniques et évolutions techniques
Le cœur mécanique de la 404 coupé cabriolet repose sur un 4 cylindres en ligne de 1 618 cm³ avec bloc en fonte et culasse en aluminium. La distribution par arbre à cames latéral entraîné par chaîne constitue une architecture classique mais éprouvée. Le système de refroidissement par eau intègre un ventilateur débrayable automatique qui s’enclenche à partir de 82 degrés.
Deux grandes familles de motorisations ont été proposées. Les versions à carburateur Solex développaient entre 65 et 80 chevaux selon les évolutions, avec une consommation moyenne de 10,5 litres aux 100 kilomètres. Les versions à injection mécanique Kugelfisher multipoint, véritable innovation pour une voiture française de série, délivraient entre 80 et 96 chevaux avec une consommation réduite à 9,5 litres. Cette injection représentait une première absolue dans l’industrie automobile française.
| Motorisation | Puissance | Vitesse maximale | 0-100 km/h |
|---|---|---|---|
| XC carburateur (1962-1964) | 65-72 ch | 148 km/h | Non communiqué |
| XC5 carburateur (1964-1966) | 70-76 ch | 153 km/h | Non communiqué |
| XC6 carburateur (1966-1968) | 74-80 ch | 157 km/h | Non communiqué |
| XC KF1 injection (1962-1964) | 80-85 ch | 158 km/h | 14 secondes |
| XC KF2 injection (1964-1968) | 88-96 ch | 167 km/h | Non communiqué |
Le passage du vilebrequin de 3 à 5 paliers en octobre 1963 constitue une amélioration technique majeure. Cette évolution a considérablement renforcé la solidité du moteur, d’où la réputation supérieure des modèles postérieurs à 1964. Les collectionneurs avertis recherchent particulièrement ces versions « cinq paliers » pour leur longévité accrue.
Plusieurs évolutions ont ponctué la carrière de ces modèles : barre antiroulis avant dès juin 1962, assistance de freinage en série à partir d’octobre 1964, nouvelle calandre avec phares longue portée intégrés en octobre 1966. En 1967, un léger rafraîchissement esthétique apporte une face avant redessinée et des blocs de clignotants plus volumineux. La boîte manuelle BA7 remplace la C3 en octobre 1967, offrant une grille de vitesses européenne conventionnelle.
Points critiques avant l’acquisition d’un exemplaire
L’achat d’une 404 coupé cabriolet d’occasion nécessite une inspection méticuleuse, particulièrement sur les éléments de structure. Contrairement aux berlines où de nombreux éléments sont vissés, les coupés et cabriolets présentent des carrosseries entièrement soudées, ce qui complique et renchérit considérablement les réparations.
Les zones critiques à examiner en priorité incluent :
- Les bas de caisse : point faible majeur, ils sont vissés et protègent les longerons. Une perforation signale souvent une corrosion avancée du longeron sous-jacent.
- Les supports de cric : fréquemment corrodés, ils peuvent s’arracher lors du levage, créant des situations dangereuses.
- L’auvent moteur : particulièrement sensible sur les versions découvrables, notamment au niveau de la fixation des amortisseurs avant (trois vis).
- Les ailes avant : contrairement aux berlines, elles sont soudées et leur remplacement peut atteindre des budgets très élevés.
- La face avant : entièrement soudée avec des entourages de phares et supports de capot sensibles à la rouille.
Un test simple mais révélateur consiste à lever la voiture sur cric et vérifier que les portières ferment toujours correctement. Si ce n’est pas le cas, la rigidité de caisse est compromise et des travaux structurels importants s’imposent. L’adage selon lequel « une 404 s’achète par le dessous » prend tout son sens. Se munir d’un aimant pour détecter les épaisseurs de mastic, d’une source lumineuse puissante et d’une protection pour examiner le soubassement devient indispensable.
Côté mécanique, le circuit de refroidissement mérite une attention particulière. Le ventilateur débrayable automatique doit fonctionner correctement sous peine de surchauffe grave pouvant endommager le joint de culasse. Les pannes possibles concernent le thermo-contact, les charbons ou un radiateur entartré. La distribution à chaîne ne doit pas émettre de bruit anormal. L’injection Kugelfisher, bien que fiable, présente des pièces devenues rares et une remise en état coûteuse avec peu de spécialistes compétents.
Les boîtes de vitesses C3 et BA7 jouissent d’une réputation d’incassabilité, tout comme le pont à vis sans fin. Ce dernier exige par contre une huile spécifique ricinée, non miscible avec d’autres lubrifiants sous peine de destruction de la couronne en bronze. Le freinage varie selon les millésimes : les modèles 1965-1968 équipés d’assistance hydrovac peuvent nécessiter une réfection onéreuse approchant 1 000 euros.
Tout comme les Lamborghini figurant parmi les plus belles voitures du monde, ces Peugeot italiennes demandent un entretien rigoureux pour préserver leur valeur patrimoniale.
Valorisation actuelle et perspectives d’investissement
Le marché des véhicules de collection connaît des fluctuations, mais la 404 coupé cabriolet maintient une cote stable grâce à plusieurs facteurs favorables. Sa rareté relative, avec moins de 15% des exemplaires produits encore en circulation, constitue un premier atout. L’élégance intemporelle signée Pininfarina séduit les collectionneurs recherchant la discrétion plutôt que l’ostentation, positionnant ce modèle comme une alternative raffinée aux sportives britanniques de l’époque.
Le positionnement tarifaire d’origine, proche du double d’une berline 404, a limité la diffusion commerciale mais garantit aujourd’hui une exclusivité recherchée. Les cabriolets représentent environ 60% de la production totale, avec une majorité équipée du moteur à injection, configuration particulièrement prisée des connaisseurs. Les coupés, plus confidentiels avec seulement 6 837 unités, bénéficient d’une aura de rareté supplémentaire.
L’entretien régulier (vidanges et graissages) et la disponibilité de pièces auprès du réseau spécialisé permettent de maintenir ces véhicules en état de rouler. Certains composants restent disponibles dans le réseau Peugeot, bien que la tendance soit à la raréfaction. Les modèles antérieurs à 1967 jouissent d’une réputation de moindre sensibilité à la corrosion, critère important pour évaluer le potentiel d’un exemplaire.
L’investissement dans une 404 coupé cabriolet exige un budget initial variant considérablement selon l’état général, comparable à l’achat d’un véhicule moderne bien équipé comme certaines finitions DS 7. Les exemplaires nécessitant une restauration complète représentent un engagement financier important, particulièrement si des travaux de carrosserie soudée s’avèrent nécessaires. À l’inverse, les modèles bien entretenus et documentés conservent leur valeur et procurent un plaisir de conduite authentique, caractéristique des grandes routières françaises des années 1960.






