Depuis quelques années, la limitation de vitesse sur les routes départementales en France fait couler beaucoup d’encre. Après avoir imposé les 80 km/h en 2018, l’État a laissé la main aux départements via la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) de 2019. Résultat : en 2025, 51 départements ont décidé de repasser leurs routes à 90 km/h. Un choix applaudi par certains usagers mais encore critiqué par d’autres.
Sommaire
- 1 Pourquoi ce retour aux 90 km/h ?
- 2 51 départements concernés par le relèvement de vitesse
- 3 Les critères stricts pour repasser à 90 km/h
- 4 Le coût caché : changer la signalisation
- 5 Sécurité routière : le débat toujours vif
- 6 Une décision locale, symbole de liberté territoriale
- 7 Que retenir de ce retour aux 90 km/h ?
Pourquoi ce retour aux 90 km/h ?
Revenir à 90 km/h n’est pas une décision prise à la légère. Les présidents de conseils départementaux justifient ce choix par plusieurs raisons :
- 🔹 Harmoniser la signalisation pour éviter des changements incessants de vitesse sur de courtes distances.
- 🔹 Fluidifier la circulation sur les grands axes ruraux.
- 🔹 Soutenir l’économie locale, en facilitant les trajets entre villes et zones isolées.
- 🔹 Répondre aux attentes des automobilistes, nombreux à juger la limite à 80 km/h trop contraignante.
👉 Dans les départements ruraux comme le Puy-de-Dôme, l’Aveyron, la Corrèze ou la Creuse, l’ensemble du réseau départemental est repassé à 90 km/h. Une mesure vécue comme un retour à une certaine cohérence.
51 départements concernés par le relèvement de vitesse
En 2025, ce sont plus de 56 000 kilomètres de routes qui repassent à 90 km/h. Mais attention : la mesure n’est pas appliquée partout de la même manière.
- ✅ Retour total : certains départements ont relevé la vitesse sur tout leur réseau (ex. Aveyron, Allier, Cantal, Puy-de-Dôme).
- ⚠️ Retour partiel : d’autres n’ont sélectionné que certains tronçons jugés sûrs (Calvados, Yonne, Côte-d’Or, Haute-Vienne…).
- ❌ Non concernés : Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne, où aucune route éligible n’existe.
Exemples concrets :
| Département | Km de routes à 90 km/h | Part du réseau concerné |
|---|---|---|
| Puy-de-Dôme | 6 940 km | 100 % |
| Aveyron | 6 040 km | 100 % |
| Corrèze | 4 700 km | 100 % |
| Lozère | 2 050 km | 87 % |
| Yonne | 1 511 km | 31 % |
| Calvados | 435 km | 8 % |
👉 Cette diversité rend la circulation parfois confuse pour les conducteurs qui traversent plusieurs départements au cours d’un même trajet.
Les critères stricts pour repasser à 90 km/h
Contrairement à une idée reçue, toutes les routes départementales ne peuvent pas repasser à 90 km/h. La LOM impose des conditions très précises :
- Pas de croisements dangereux.
- Pas de traversée de hameau ou de village.
- Pas d’arrêts de bus directement sur la chaussée.
- Pas de circulation agricole fréquente.
- Analyse technique obligatoire : largeur de la voie, visibilité, taux d’accidents.
En clair, seules les portions jugées suffisamment sûres peuvent bénéficier du relèvement de vitesse.
Le coût caché : changer la signalisation
Revenir à 90 km/h a un prix. Chaque département doit investir entre 180 000 et 200 000 € pour remplacer ou ajouter de nouveaux panneaux.
💡 À cela s’ajoutent :
- les frais de communication auprès des usagers,
- l’adaptation des cartes et GPS,
- la coordination avec les forces de l’ordre pour assurer la période de transition.
Un investissement conséquent, mais que certains élus jugent rentable pour la clarté et la fluidité de la circulation.
Sécurité routière : le débat toujours vif
C’est le cœur du sujet. Le passage à 80 km/h en 2018 avait été justifié par la lutte contre la mortalité routière. Les défenseurs de cette limite affirment que la baisse de vitesse sauve des vies.
Mais les partisans du retour aux 90 km/h avancent plusieurs arguments :
- La différence de temps de trajet est minime (quelques minutes sur 100 km).
- La baisse des accidents depuis 2018 ne serait pas uniquement liée aux 80 km/h mais aussi à d’autres facteurs (météo, radars, comportements).
- Le maintien de 80 km/h dans certains départements crée une fracture territoriale.
👉 Le débat reste donc ouvert : sécurité d’un côté, cohérence et acceptabilité sociale de l’autre.
Une décision locale, symbole de liberté territoriale
Avec ce retour aux 90 km/h, les départements affirment leur rôle dans la gestion de la mobilité. La carte de France de la vitesse devient un véritable patchwork, reflet des réalités locales.
- Dans certaines zones rurales, relever la vitesse est perçu comme un soutien au dynamisme économique.
- Dans d’autres, la prudence reste de mise, et les élus préfèrent conserver la limite à 80 km/h.
Ce choix local illustre la volonté d’adapter la réglementation aux besoins des usagers plutôt que d’appliquer une règle uniforme sur tout le territoire.
Que retenir de ce retour aux 90 km/h ?
- 🚗 51 départements repassent à 90 km/h, totalement ou partiellement.
- 📏 56 000 km de routes concernées en France.
- 💶 200 000 € en moyenne pour changer la signalisation.
- ⚠️ Des critères stricts de sécurité imposés par la loi.
- 🛣️ Des disparités régionales qui demandent vigilance aux automobilistes.
Le 90 km/h : entre symbole et réalité
Ce retour marque plus qu’un simple changement de panneaux : il symbolise la tension permanente entre sécurité routière et liberté individuelle. Certains y voient un progrès vers plus de cohérence, d’autres une régression qui pourrait coûter des vies.
Une chose est sûre : les automobilistes devront rester attentifs, car la France roule désormais à deux vitesses…






