Douze mille six cent quarante-neuf euros. C’est le prix que demande KTM pour sa 690 Enduro R en 2025, et franchement, la question mérite d’être posée : que cache exactement ce tarif ? Ni vraie enduro pure, ni routière classique, cette machine occupe un territoire singulier que peu de constructeurs osent revendiquer avec autant de clarté.
À retenir
| Idées principales | Détails |
|---|---|
| 🏍️ Monocylindre LC4 polyvalent | Développer 74 chevaux avec 73,5 Nm de couple dès bas régimes. |
| ⚙️ Technologie moteur sophistiquée | Intégrer deux arbres d’équilibrage et injection ride by wire pour précision accélération. |
| 🛠️ Châssis léger et stable | Utiliser structure acier chrome-molybdène pesant 149 kg à sec. |
| 🌊 Suspensions réglables haute performance | WP XPLOR-USD offrant 250 mm débattement avant et arrière. |
| 📱 Écran TFT connecté intuitif | Afficher navigation, musique, appels avec port USB-C recharge. |
| 🎯 Deux modes de conduite distincts | Proposer STREET réactif et RALLY avec glissement dynamique adaptatif. |
Sommaire
Le moteur LC4 : un monocylindre taillé pour la polyvalence
Le cœur de la 690 Enduro R, c’est le fameux monocylindre LC4 de 692,7 cm³. En 2025, il développe 74 chevaux — la version 2026 monte à 79 PS — avec un couple maximal de 73,5 Nm disponible dès les bas régimes. Le régime maximal plafonne à 9000 tr/mn, ce qui reste raisonnable pour un mono de cette cylindrée.
KTM a intégré deux arbres d’équilibrage pour filtrer les vibrations, un choix technique qui distingue nettement cette moto d’une 500 EXC-F, dont le caractère bien plus brutal convient mieux aux puristes de l’enduro. Ici, le moteur est performant sans agressivité excessive — c’est délibéré. L’injection ride by wire affine la gestion de l’accélération avec une précision que les anciens carburateurs ne pouvaient tout simplement pas offrir.
La consommation annoncée de 4,3 l/100 km paraît optimiste en usage off-road intensif, mais reste cohérente sur route. Les émissions de 99 g/km de CO2 garantissent la conformité Euro 5 grâce à un catalyseur intégré. La boîte 6 vitesses s’accompagne d’un embrayage anti-dribble PASC hydraulique, particulièrement appréciable lors des freinages appuyés en descente.
Châssis, suspensions et freinage — le niveau équipement
Le châssis treillis en tubes acier chrome-molybdène affiche 149 kg à sec (152 kg en 2026) pour 162 kg en ordre de marche. C’est plus léger qu’une 790 Adventure, moins léger qu’une EXC. L’empattement de 1506 mm, un angle de chasse de 62,3° et une chasse de 120 mm définissent une géométrie orientée stabilité à haute vitesse tout en conservant de l’agilité.
Les suspensions signées WP XPLOR-USD 48 mm à l’avant offrent 250 mm de débattement (265 mm en 2026), avec compression à gauche et détente à droite séparées — un système qui autorise un réglage précis selon les terrains. L’amortisseur WP XPLOR arrière, relié par biellettes, partage le même débattement de 250 mm. La garde au sol de 269 mm (265 mm en 2026) confirme les ambitions tout-terrain.
Le freinage repose sur des étriers Brembo associés à des disques Wave légers : 300 mm à l’avant, 240 mm à l’arrière. L’ABS Bosch 9.1 MP gère les phases en virage grâce à la centrale inertielle IMU 6D. Un bouton dédié permet de désactiver complètement l’ABS — le mode OFFROAD autorise notamment le blocage de la roue arrière, capital pour certaines techniques en tout-terrain.
| Caractéristique | Version 2025 | Version 2026 |
|---|---|---|
| Puissance | 74 ch | 79 PS |
| Poids à sec | 149 kg | 152 kg |
| Débattement avant | 250 mm | 265 mm |
| Hauteur de selle | 929 mm | 935 mm |
| Réservoir | 13,5 litres | 13,3 litres |
Équipements électroniques et modes de conduite
L’écran TFT de 4,2 pouces est compact mais lisible grâce à son verre collé anti-reflets polarisé. Il intègre navigation virage par virage, accès à la musique, gestion des appels et un port USB-C pour recharger vos appareils. Le compte-tours et l’indicateur de rapport engagé complètent l’ensemble. La mémoire du mode de conduite au démarrage est un détail qui, en pratique, change vraiment le quotidien.
Deux modes de conduite sont proposés. Le mode STREET offre une réponse directe à l’accélération en minimisant le patinage. Le mode RALLY — optionnel — adopte une réponse plus douce, avec ajustement dynamique du glissement selon l’adhérence détectée. Le système MTC Cornering et le Cornering ABS exploitent les données de l’IMU pour adapter en temps réel les interventions électroniques en virage. Tout ça est désactivable, ce qui reste la bonne approche pour une moto à vocation tout-terrain.
Les pneus Mitas E07 à crampons mixtes sont montés sur des jantes à rayons de 21 pouces avant et 18 pouces arrière. Les largeurs respectives de 1,85 et 2,5 pouces correspondent parfaitement aux exigences d’un usage mixte route/piste. La carrosserie en plastique PP souple résiste aux chocs mieux que des pièces rigides — un choix logique pour une moto destinée à tomber de temps en temps.
Entretien, garantie et ce qu’il faut savoir avant d’acheter
KTM a sérieusement allongé les intervalles d’entretien sur cette génération. Les vidanges s’effectuent désormais tous les 15 000 km contre 10 000 km auparavant, et le contrôle du jeu aux soupapes n’intervient qu’à 30 000 km. Sur le plan financier, c’est une différence notable par rapport aux enduros à maintenance rapprochée.
La garantie constructeur Premium couvre jusqu’à 4 ans à partir de l’année modèle 2025, sous réserve de respecter les entretiens chez un concessionnaire KTM agréé. Pour rappel, le catalogue PowerPart propose une gamme complète d’accessoires pour personnaliser ou protéger la moto selon votre usage.
- Hauteur de selle à 929 mm : accessible pour les gabarits moyens, mais exigeante pour les pilotes de moins de 1,75 m
- Le positionnement Travel de la gamme KTM la rapproche des Adventure que des enduros pures
- Suspensions, leviers et repose-pieds sont tous réglables — utile pour adapter la moto à votre morphologie
- La 690 partage sa base moteur avec la SMC-R, avec des calibrations très différentes
La vraie question à se poser avant l’achat n’est pas de savoir si cette moto est bonne — elle l’est clairement — mais si elle correspond à votre pratique réelle. Pour 80 % de temps sur route et 20 % en piste forestière, c’est une référence quasi-sans concurrence dans cette cylindrée. Si vous rêvez de franchissements techniques et d’enduro pur, orientez-vous plutôt vers la 500 EXC-F et acceptez les compromis du quotidien qui vont avec.






