Présentée au Salon de Genève en mars 1990, la Mercedes 190 E 2.5-16 Evolution 2 reste l’une des berlines sportives les plus fascinantes jamais produites par Daimler-Benz. Seulement 502 exemplaires numérotés ont quitté les chaînes — un chiffre dicté par le règlement DTM qui imposait ce minimum pour homologuer la voiture en compétition. À l’époque, elle s’affichait à 460 000 francs français, soit plus du double d’une Renault 21 2L turbo. Pour vous situer la rareté de la bête : quelques exemplaires seulement étaient destinés au marché français.
À retenir
| Idées principales | Détails |
|---|---|
| 🏁 Berline sportive d’exception | 502 exemplaires produits pour homologation DTM en 1990. |
| ⚙️ Moteur haute performance | 4-cylindres Cosworth de 235 chevaux, 95 ch/L, boîte dog-leg. |
| 🚗 Évolution technique impressionnante | Aileron réglable, suspension active, rapport poids/puissance de 6 kg/ch. |
| 📈 Performances remarquables | 0-100 km/h en 7,1 secondes, vitesse maximale 247-250 km/h. |
| 💰 Valeur de marché élevée | Entre 30 000 et 50 000 euros aujourd’hui selon condition. |
| ✅ Critères d’authentification | Vérifier numérotation, boîte d’origine, aileron, historique complet. |
Sommaire
Historique et genèse de l’Evo 2 Mercedes 190
Tout commence en décembre 1982, quand Daimler-Benz lance la berline Type 201 — la « Baby-Benz » — dessinée par Bruno Sacco. Ce modèle produit à 1 874 668 exemplaires jusqu’en 1993 visait un public plus jeune, mais personne n’imaginait alors jusqu’où irait la lignée sportive.
La 190 E 2.3-16, produite de 1984 à 1988 à 19 487 unités, ouvre le bal. Elle affiche 186 chevaux, un 0-100 km/h en 7,8 secondes et une pointe à 230 km/h — déjà sérieux. Pour rappel, c’est sur des versions légèrement modifiées de cette voiture qu’en 1984, au Nürburgring, Ayrton Senna s’impose devant 20 des meilleurs pilotes du monde, dont Stirling Moss, Alain Prost, Niki Lauda et James Hunt, lors de la Course des Champions précédant le Grand Prix d’Allemagne.
La 190 E 2.5-16 Evolution 1 arrive en 1989 avec 204 chevaux à 6 750 tr/min, un 0-100 km/h en 7,5 secondes et une vitesse de pointe à 235 km/h. Même volume de production : exactement 502 exemplaires. L’Evolution 2 pousse tout encore plus loin, portant la puissance à 235 chevaux et redessinant la carrosserie de manière spectaculairement agressive, avec un aileron réglable qui évoque celui de la Ferrari F40.
En DTM, l’évolution suit la même courbe. Le championnat, renommé Deutsche Tourenwagen Meisterschaft en 1986, voit arriver les turbos dès 1987 avec la Ford Sierra RS Cosworth, puis la BMW M3 E30. AMG développe alors une version course affichant 300 chevaux. L’Evolution 2 DTM dépasse 350 chevaux en fin de saison 1990, puis atteint 380 chevaux à 9 500 tr/min en 1992, année où Klaus Ludwig décroche le titre pilotes et Mercedes le titre constructeurs. Avant ça, en 1991, l’Audi V8 avait coiffé tout le monde au poteau — en 1993, l’Alfa Romeo 155 prend le relais. Le retrait officiel d’AMG-Mercedes intervient dès 1994.
Caractéristiques techniques — un moteur taillé pour la course
Le moteur de l’Evo 2 est un 4 cylindres en ligne 16 soupapes Cosworth de 2 463 cm³, avec un alésage de 97,3 mm et une course de 82,8 mm. Il développe 235 chevaux à 7 200 tr/min pour un couple de 245 Nm entre 5 000 et 6 000 tr/min. Rendement : 95 ch/L, rapport volumétrique de 10,5 :1. C’est 30 chevaux de plus que la 2.5-16 standard — et cela se sent.
La transmission est une boîte manuelle à 5 rapports de type dog-leg (première en bas à gauche), couplée à un pont autobloquant à 32 % de glissement. Ce choix, hérité directement de la 2.3-16, permet des passages de rapports ultrarapides en piste.
| Version | Puissance | 0-100 km/h | Vitesse max | Production |
|---|---|---|---|---|
| 190 E 2.3-16 (1984-1988) | 186 ch | 7,8 s | 230 km/h | 19 487 ex. |
| 190 E 2.5-16 Evo 1 (1989) | 204 ch | 7,5 s | 235 km/h | 502 ex. |
| 190 E 2.5-16 Evo 2 (1990) | 235 ch | 7,1 s | 247-250 km/h | 502 ex. |
Le châssis repose sur un essieu arrière à cinq bras, une suspension active à correcteur d’assiette réglable sur 3 positions, et une garde au sol abaissée de 45 mm par rapport aux versions précédentes. Les disques ventilés avant de 300 mm sont pincés par des étriers à 4 pistons. Les pneus 245/40 R17 chaussent des jantes de 17 pouces. L’ABS est de série. Malgré tout ça — et le poids en charge de 1 415 kg —, le rapport poids/puissance tombe à 6 kg/ch. Le Cx de 0,30 et le Scx de 0,57 prouvent que l’aileron XXL ne sacrifie pas tout à l’aérodynamisme.
Sur la route : ce que dit vraiment la conduite
Au volant, les voitures cultes du cinéma d’action ont souvent une réputation qui dépasse la réalité. Pas ici. Le 4 cylindres reste creux sous 4 500 tr/min — c’est son principal défaut — puis il s’envole avec une prise de régimes communicative, le rupteur intervenant à 7 700 tr/min. La sonorité est envoûtante.
L’appui aérodynamique de l’aileron colle littéralement la voiture au sol. Franchement, face à une BMW M3 E30 Sport Evolution qui punit les trajectoires imparfaites, l’Evo 2 pardonne davantage — plus facile à exploiter, plus prévisible. Ce n’est pas un compliment anodin.
Quelques défauts subsistent : le volant est trop grand, les sièges manquent de maintien latéral, et la commande de boîte reste sympathique mais un poil lente. Rien de rédhibitoire, mais sur ce tarif en 1990, on attendait mieux sur ces points.
La consommation affiche 12 L/100 km en usage normal. Pour une voiture de ce tempérament, c’est acceptable. Le 0-100 km/h en 7,1 secondes et le kilomètre lancé en 27,9 secondes restent des chiffres impressionnants pour une berline de 1990.
Acheter une Evo 2 Mercedes 190 aujourd’hui : ce qu’il faut savoir
Les cotes ont explosé. Un exemplaire correct s’échange aujourd’hui entre 30 000 et 50 000 euros, selon l’état, le kilométrage et l’historique. À titre d’exemple concret — l’exemplaire n°383/502, livré le 15 octobre 1990 en Suisse en teinte Bleu Nuit métallisée, affichait 112 500 km au compteur dans un état remarquable — sièges cuir Anthracite d’origine, aucune restauration hasardeuse. Ce type de dossier irréprochable fait toute la différence.
Voici les points à vérifier impérativement avant tout achat :
- Numérotation de l’exemplaire (plaque constructeur avec numéro sur 502)
- Conformité de la boîte dog-leg d’origine
- État de l’aileron et des élargisseurs (pièces quasi introuvables)
- Historique d’entretien complet, idéalement en réseau Mercedes
- Absence de restauration carrosserie dissimulant des accidents
Pour les amateurs de performances poussées à l’extrême, le projet Evil Evo II Project est une curiosité : une W201 classique transformée avec un V8 LS couplé à deux turbos Texas Speed, livrant 1 600 chevaux, habillée d’un kit widebody DTM avec pneus Toyo R888R. Spectaculaire — mais aucune Evo 2 authentique n’a été sacrifiée pour ce projet.
Pour mettre en perspective la rareté de cette machine, l’Audi Quattro S1, icône du rallye développée pour la compétition à la même époque, partage ce statut de collector produit en série limitée pour homologation — et ses cotes ont suivi la même trajectoire ascendante. Les voitures nées de contraintes réglementaires deviennent systématiquement les plus recherchées.






